Chrome 153 débarque avec une mise à jour de sécurité particulièrement chargée. Google y corrige 230 vulnérabilités, parmi lesquelles une nouvelle faille zero-day dans V8, déjà exploitée dans des attaques.

Chrome 153 débarque pour corriger 230 vulnérabilités, dont une nouvelle zero-day activement exploitée. © Philo Athanasiou / Shutterstock
Chrome 153 débarque pour corriger 230 vulnérabilités, dont une nouvelle zero-day activement exploitée. © Philo Athanasiou / Shutterstock

Cinq jours seulement après avoir patché une première vulnérabilité activement exploitée dans son navigateur, Google doit de nouveau intervenir. Une fois encore, le problème touche V8, le moteur JavaScript et WebAssembly de Chrome. Le correctif accompagne le passage à Chrome 153, qui inaugure par ailleurs le nouveau rythme de publication du navigateur, désormais fixé à une version majeure toutes les deux semaines.

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Un risque d’exécution de code et un exploit fonctionnel

Référencée CVE-2026-87491, la vulnérabilité résulte d’une écriture hors limites dans V8. Elle peut amener Chrome à écrire des données en dehors de la zone mémoire prévue, au risque d’en corrompre le contenu. Un attaquant peut provoquer cette erreur à partir d’une page HTML spécialement préparée, puis s’en servir pour détourner l’exécution du navigateur et lui faire exécuter du code malveillant.

En théorie, la sandbox de Chrome doit limiter ce qu’un attaquant peut directement faire sur la machine. Pour compromettre davantage le système, il lui faudrait alors exploiter une seconde faille afin de sortir de cet environnement isolé ou d’obtenir des privilèges supplémentaires.

Toujours est-il que Google a confirmé l’existence d’un exploit fonctionnel déjà mis à contribution pour tirer parti de cette faille. L’entreprise ne précise toutefois ni qui mène ces attaques, ni quelles cibles sont visées, ni si CVE-2026-87491 est exploitée seule ou associée à une autre vulnérabilité.

Quoi qu’il en soit, la meilleure chose à faire consiste à passer rapidement à Chrome 153.0.8010.36 ou 153.0.8010.37 sous Windows et macOS, et à la version 153.0.8010.36 sous Linux. Chrome se charge normalement de récupérer la mise à jour en arrière-plan. Pensez ensuite à redémarrer votre navigateur pour appliquer le correctif.

Relancez votre navigateur pour appliquer la dernière mise à jour de Chrome. © Clubic

Plus d’IA pour détecter et corriger plus de failles

CVE-2026-87491 n’est qu’une vulnérabilité parmi les 230 problèmes de sécurité corrigés avec Chrome 153. Le bulletin de Google recense notamment cinq failles critiques, qui touchent WebGL et Cast, ainsi qu’une longue série de vulnérabilités de gravité élevée et moyenne. Toutes n’ont toutefois pas été découvertes récemment : les dates de signalement s’étalent sur plusieurs mois, et quelques bugs traînaient même depuis plusieurs années.

Le chiffre donne donc moins la mesure d’une soudaine dégradation de la sécurité de Chrome que celle de la quantité de failles que Google parvient désormais à détecter, traiter et corriger. La tendance s’est d’ailleurs nettement accentuée depuis le début de l’année, l’entreprise automatisant une part croissante de ce travail à l’aide de modèles d’IA.

Car si Google s’appuie, depuis un moment déjà, sur les grands modèles de langage pour renforcer ses campagnes de fuzzing, qui consistent à soumettre automatiquement les composants du navigateur à de très nombreuses entrées afin de provoquer des erreurs, elle a considérablement élargi leur usage début 2026. Après BigSleep, développé avec DeepMind et Project Zero et déjà capable de découvrir des vulnérabilités dans V8 et la pile graphique, Mountain View a déployé un nouvel environnement reposant sur Gemini pour passer au crible une plus grande partie du code de Chrome.

Une fois les failles repérées, Google mobilise aussi des agents pour accélérer leur prise en charge. Certains génèrent plusieurs propositions de patchs, d’autres les évaluent, tandis que des outils dédiés préparent et vérifient les tests avant leur examen par les développeurs.

Les signalements externes ont, eux aussi, fortement augmenté. Google indiquait fin juillet qu’en mars 2026, elle avait déjà reçu davantage de rapports de vulnérabilités qu’au cours de toute l’année 2025. Une hausse qui, combinée à l’automatisation croissante de la recherche et de la correction des bugs, explique en grande partie pourquoi les derniers bulletins de sécurité de Chrome sont aussi fournis. Chrome 151 avait ainsi corrigé 371 failles fin juillet, avant que Chrome 152 n’en traite encore 327 fin août.

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